Mes yeux se posent uniquement sur le taureau et - au risque de paraître un peu risible -, la vision la plus juste de la corrida selon moi est celle de Francis Cabrel dans sa chanson "La corrida":
Frisco's blog
mardi 15 avril 2025
Mais cette place est sans issue, je commence à comprendre
vendredi 3 janvier 2025
Soy piedra y estoy encontrando mi centro
Cela faisait plus de 2 mois que je n'avais pas lu de poésie - sans trop savoir pourquoi. J'ai toutefois ressenti l'envie de retourner aux poèmes de Musset en début d'après-midi et quelle merveilleuse idée ce fut! Je me suis alors rappelée que je ne devais jamais cesser de lire de la poésie puisque cela m'offre tellement d'espace pour respirer!
Une envie menant à une autre, il m'a fallu me précipiter ensuite vers la mer et le soleil de janvier pour respirer encore plus fort. Je me suis offerte une demi-journée de vacances à Carry-le-Rouet car j'aime profondément les petites stations balnéaires hors saison. Loin de me procurer un cafard plombant, ces lieux en attente de l'été me rassurent. Les plages sont vides, l'air frais fait rougir nos joues, les restaurants sont fermés, les baraques à bouées et autres accessoires de plage sont pliées, mais ce n'est que temporaire, et c'est une certitude! Dans quelques mois, les parasols colorés reprendront leur droit sur le paysage de bord de mer, nos mains seront à nouveau rendues poisseuses par les barquettes de frites et les canettes d'Ice Tea, nos peaux pègueront de sel et de mer et nos tempes battront comme un coeur au soleil. J'adore ça. J'adore la promesse de l'été et la réalisation imparable de cette promesse.
Sur ces chemins j'ai toujours besoin d'être accompagnée par les mêmes musiques espagnoles un peu désuètes mais qui me parlent et me font me tenir droite. Je ne parle pas très bien espagnol, je le comprends un peu, mais je me sens bien dans cette langue; j'ai l'impression qu'elle me connecte à une partie très forte de moi-même. C'est, à mes yeux, une langue de profondeur mais aussi de recul sur de grands plans de l'existence, tandis que le français m'apparaît comme une langue ciselée et précise certes, mais une langue de crispation, de fragilité et de bégaiement. Dans "La Nuit de Mai", Musset écrit: "Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur. / Mais, pour en être atteint, ne croit pas, ô poète, / Que ta voix ici-bas doive rester muette." L'espagnol est exactement pour moi cette langue qui permet l'expression des grandes douleurs et la dignité dans celles-ci. Ecouter du flamenco par exemple mène à accepter que la vie est belle même quand on doit faire preuve de courage.
vendredi 27 décembre 2024
De ça je me console
En ce moment je lis un livre au titre sublime : De ça je me console, de Lola Lafon. Je me retrouve tellement dans son écriture que je souligne des passages presque à chaque page. Dans ce livre, le personnage principal s’amuse à faire des listes de choses dont elle peut/pourrait se consoler, et d’autres dont elle est/serait inconsolable. Je vais essayer de dresser ma propre liste (à compléter).
De ça je me console :
- Les ruptures amoureuses (malgré tout) ;
De ça je ne me console pas :
- Les yeux larmoyants des chiens ;
mardi 30 avril 2024
Des fraises sucrées à souhait
J'ai toujours pensé que si l'on pouvait changer de signe astrologique, j'aurais aimé être Taureau. En tout cas, c'est la saison qui m'est le plus bénéfique. Loin des avrils brisés, je sens que le mois de mai est enfin le moment où le corps peut s'affaisser et se détendre sous le poids de la gravité. C'est le moment où nous, les petits Gémeaux, pouvons enfin revenir dans notre corps et nous émerveiller de choses réelles, tangibles. C'est le moment où je repense aussi à mon animal favori: la vache, si belle et touchante.
Ma saison Taureau a très bien commencé avec un séjour à Nîmes, où j'ai pu me délecter d'une savoureuse assiette de fraises préparée par mon amie Victoria, puis par une halte à Arles, dans la maison de mes amis Laure et Antoine. J'ai senti que le coeur était bien au chaud dans cette nouvelle maison, en étant entourée de mes amis les plus proches et en savourant (à nouveau) un plat de lasagnes. C'était un moment de pur épanouissement, dans la gratitude des offrandes de la saison Taureau.
Il y a un ou deux ans, j'avais commencé à écrire des sortes de dialogues entre les signes astrologiques. Voici ce que le Taureau avait à dire aux Gémeaux:
Le Taureau : « Je te tiens, Gémeaux. Je suis ta prise de terre, tu ne t’envoleras pas tant que je tiens le fil bien ferme dans ma main. Je suis ton contact avec la terre rassurante, avec les racines sous nos pieds. Toi, tu n’y as pas directement accès en virevoltant dans les airs, mais tu peux passer par moi, je peux t’influer de l’énergie de la terre. Je souris quand je te vois grisé par toutes tes pensées inspirées et expirées. Je ne veux pas que tu changes, tu me sembles si libre ainsi. Et quand la faim te tenaillera, épuisé que tu seras par toutes ces aventures aériennes, n’oublie pas que tu pourras te déposer au sol et venir te ravitailler chez moi. Après tout, les feuilles naissantes du printemps peuvent aussi trouver confortable le contact avec le sol au cœur de l’automne… »
mercredi 10 avril 2024
Dans des villes antiques
samedi 30 mars 2024
Bleutés comme la nuit, dorés comme le jour
En ce moment je fais des lectures remuantes et nécessaires, des lectures qui me rendent enfin attentives à des voix que je pensais jusque là inexistantes, ou plutôt des voix que j'avais condamnées à être inexistantes, et que j'avais diluées dans des images profondément angoissantes pour moi.
En ce moment donc je lis La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr ainsi que Le pays des ombres de Tristan Jordis. Le premier livre parle d'un écrivain prenant la forme d'un mirage, et de tous les exilés de la réalité qui tournent autour de lui et qui prennent pour patrie la littérature. Le second se concentre sur ceux qui sont revenus de l'enfer du crack Porte de la Chapelle à Paris.
Ces lectures sont pour moi éprouvantes, mais encore une fois nécessaires, car je n'en peux plus de condamner instinctivement des êtres humains juste parce que je ne les comprends pas, juste parce que j'ai peur, juste parce que l'une de mes plus grandes terreurs dans la vie est d'un jour finir dans la rue et de voir s'effondrer en moi les murs de la raison. Jusqu'à présent soit j'évitais le sujet, soit je me renseignais avec une curiosité malsaine en comparant les usagers de crack à des zombies ayant perdu leur humanité. Or, ces deux livres me forcent enfin à entendre les voix de ceux que j'avais déshumanisés. Ils traversent des nuits en extérieur, des nuits dans la rue, mais ils ont une voix, ils ont toujours une voix, et des remparts en eux malgré la déflagration de tous les repères en apparence. Voilà, c'est bien ça qui me terrifie dans l'usage de drogues dures: ce que j'imagine être une déflagration, une explosion de la vie intérieure et des charpentes du quotidien.
Cet été, après être sortie dégoûtée et lessivée d'une rediffusion de "La ville est tranquille" de Robert Guédiguian - film dans lequel on voit notamment une jeune fille sombrer dans l'héroïne -, un ami m'avait suggéré de me poser une question pour sortir de l'incompréhension et du dégoût. Il m'avait dit qu'il ne fallait pas que je voie les doses prises à répétition, mais que je pense à la première dose, et que je me pose la question suivante: qu'est-ce qui pousse à prendre la première dose?
Voilà, ces réflexions s'inscrivent encore une fois dans ma tentative de mettre au centre de la vie la notion de dignité, pour me rappeler que chaque être humain est digne, qu'importe sa situation.
Je terminerai cet article avec deux petits poèmes que j'avais écrits en pensant aux enfants de la rue à Tanger et à Marseille:
"Puis il y a les enfants de Tanger, rois de misère, qui accaparent les nuits de la ville de leur existence sans consolation, de leur chemin sans retour. Mais ils sont rois, bleutés comme la nuit, blancs comme la colle."
"Je regarderai toujours avec admiration les enfants de la ville
Ceux qui lui appartiennent
Ceux qui se fondent dans son or usé
Il n’y a pas de cadre, pas d’horaires, pas de quotidien
A part ce que propose
Dans la lumière de midi
La ville "
lundi 18 mars 2024
Tu m'dis qu'ces vagues sont imprenables, ai-je vraiment le choix ?
Je sais qu'en cas de crise émotionnelle, je peux compter sur la trinité suivante: Rosalía - Rauw Alejandro - les Saintes Maries de la Mer. Ce sont trois puissances qui me donnent le courage de regarder ce qu'il y a de brisé en moi, tout en faisant déjà gronder la force réparatrice à l'intérieur. Quand j'écoute Rauw Alejandro ou Rosalía, c'est comme si j'étais dans une pièce aux volets fermés, à 16h de l'après-midi au coeur de l'été, dans un état de grande tristesse, avec la vie qui continue de cliqueter autour, le soleil qui continue de taper juste à l'extérieur de cette pièce. Et ce sont ces musiques qui me redonnent le courage de retourner dans la vie et de sortir de cette chambre-là, cette mauvaise chambre à soi.
Je pense aussi que je réécoute beaucoup Rosalía en ce moment car ça fait deux ans que son album "Motomami" est sorti, et que j'ai besoin de m'accrocher à l'image qu'elle incarne: "una mujer que va a muerte con todo lo que hace", et que c'est beau et courageux, d'être des femmes tempêtueuses.
Mais cette place est sans issue, je commence à comprendre
Je n'ai jamais assisté à une corrida, ni même à une course camarguaise. J'aime profondément les taureaux et les animaux plus général...
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En ce moment je lis un livre au titre sublime : De ça je me console , de Lola Lafon. Je me retrouve tellement dans son écriture que je so...
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Je n'ai jamais assisté à une corrida, ni même à une course camarguaise. J'aime profondément les taureaux et les animaux plus général...
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Une de mes passions, c'est d'aller creuser les inspirations musicales des artistes que j'adore... Il y a un an, Shaun Durka...




